Mon histoireAvant les outils, il y a eu la vie.
À treize ans, j’ai été témoin de violences de mon père envers ma mère. J’ai longtemps gardé de cette scène un sentiment d’impuissance. Je ne savais pas encore la place qu’elle prendrait dans ma manière de vivre les relations, ni dans mon choix, bien plus tard, d’accompagner des femmes.
En 2001, un travail avec une sophrologue m’a aidé à voir que mes réactions ne parlaient pas seulement du présent. Derrière la colère, il y avait une histoire, des blessures et des émotions que je n’avais pas su accueillir.
Comprendre ne m’empêchait pas de reproduire.
J’ai connu une rupture qui m’a profondément marqué. Puis une nouvelle relation, alors qu’une partie de moi n’était pas disponible. J’ai compris qu’on pouvait avoir de bonnes intentions et malgré tout faire du mal, notamment quand on cherche dans une relation à ne plus sentir sa solitude.
La danse, puis le yoga, m’ont appris autre chose : ce que le corps exprime ne se résout pas toujours avec une explication. Cette place donnée au ressenti accompagne encore aujourd’hui ma façon de travailler.
Il a fallu me regarder, moi aussi.
Entre 2013 et 2017, j’ai traversé une période de harcèlement moral au travail, des difficultés dans mon couple et le décès de ma mère. Des domaines différents, mais une même personne au milieu : moi.
En 2016, après dix-huit ans dans l’informatique, j’ai décidé de réorienter mon activité vers l’accompagnement humain. Les formations m’ont donné un cadre et des outils. Elles m’ont aussi confirmé qu’expliquer un mécanisme ne suffisait pas toujours à transformer ce que l’on ressent.
Voir les liens, plutôt que les morceaux.
Au fil des accompagnements, une observation est revenue : on pouvait parler d’un père, d’un responsable ou d’un ex-partenaire, et retrouver un même ressenti. Ce n’était pas la même situation, mais quelque chose de familier se rejouait.
La paternité et la disparition de mon père ont aussi nourri ma réflexion sur ce que l’on reçoit et ce que l’on transmet. En 2024, j’ai formalisé la Carte d’Identité Intérieure pour rendre ces liens plus lisibles.
Si je partage cela, c’est parce que je connais cet écart entre « je sais » et « je n’arrive pas encore à faire autrement ». C’est à cet endroit que mon travail prend son sens.